Zoo Story

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Texte publié au journal hebdomadaire « Hector » du Centre scolaire de la Maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone

 

Après la première partie de cette pièce intitulée « La Maison et le zoo », c’est sa deuxième partie, écrite par l’Américain Édouard Albee, traduite et interprété par Jean-Marie Besset, qui a fait l’objet d’une représentation à la Maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone le lundi 16 décembre dernier.

La pièce se déroule dans Hyde Park, à New York. Sur un banc, feuilles volantes autour de lui, le lecteur Jean-Marie Besset voit sa lecture interrompue par un personnage passablement déclassé en faune qui surgit de derrière les arbres. Celui-ci, quelque peu hirsute, l’apostrophe avec des bonds d’homme des cavernes, montant et sautant d’un banc à l’autre. Au lecteur sur son banc, il demande le chemin pour se rendre au zoo du parc. Le lecteur le lui indique mais l’inconnu, interprété par Xavier Gallois, le noie de questions au point de l’agacer prodigieusement. Étudiant son interlocuteur, poitrail soulevé comme un bête, il le renifle et l’analyse par un questionnement à coup de mentons levés, vire et virevolte, jusqu’au bras de fer pour l’appropriation du banc … Affirmant là un comportement de différence sociale …

Le tout joué avec vélocité et une gouaille évoquant celle d’un personnage à la Woyzeck, de Georg Büchner (un jeune auteur décédé à 24 ans dans la misère), anticipant la dramaturgie, plus d’un siècle avant notre époque. Xavier Gallois connaît cette pièce. Je subodore même que, par instants, il en restitue dans son jeu quelques éléments de base, portés à leur paroxysme.

Il y a du « Bateau ivre » du jeune Rimbaud de 17 ans dans cette pièce. Rien ne naufrage. A travers les méandres de son jeu d’acteur, Xavier Gallois ressort magistralement une autre alchimie du verbe. Imprimant dans sa voix une intensité qui va crescendo dans les cinquante-cinq minutes de sa prestation. Outre son texte appris au fil du rasoir, il émane incontestablement de l’acteur de cette « Zoo story » une volonté dramaturgique générant de l’oppression humaine. Non accablé par son angoisse, Xavier Gallois exulte un jeu dépassant, par instants allégrement le « Zoo Story ».

Claude

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