Témoignage de Patrick Pognant, Maître de conférences – écrivain

Je connais Claude Ozanne depuis la fin des années 60, à l’époque où il était artiste peintre quand je déclamais mes poèmes ou les chantais à cheval sur ma guitare, à Rouen, notre ville natale. Nous fréquentions alors le petit monde artistique rouennais et avions, entre autres, pour ami commun le peintre Tony Fritz-Villars dont Claude n’a eu de cesse de faire reconnaître son œuvre magistrale, tant de son vivant qu’après sa mort. Après Rouen, nous sommes « montés » à Paris en suivant des chemins bien différents mais sans jamais se perdre de vue. Au regret de beaucoup, Claude a troqué ses pinceaux pour la plume (il aurait pu continuer à s’exprimer dans ces deux dimensions !) avec un talent original qui l’a conduit à publier des recueils de poèmes exigeants.

Faut-il dire ma stupéfaction quand j’ai appris qu’il se trouvait incarcéré suite à une sombre histoire au cours de laquelle sa grande intelligence s’est trouvée annihilée dans un concours de circonstances obscur ? En effet, à mes yeux, Claude est un poète, un être lunaire, passionné par l’histoire de l’art, par les artistes et leurs œuvres, même si ses activités rémunératrices dans l’immobilier exigeaient qu’il mît de temps à autre les pieds à terre… Dans des conditions dont je ne possède pas le détail, il a passé à l’acte et commis un acte d’agression sur autrui, ce qu’il a au demeurant reconnu en se rendant au commissariat de police après les faits. Tel que je connais Claude, il sait pertinemment qu’il doit payer sa dette envers la société.

Le problème que soulève son cas n’est donc pas dans le processus judiciaire qui s’est mis en marche et qui, après l’instruction devant établir les circonstances de l’agression, l’enchaînement des faits et leur qualification, doit aboutir à un procès. Le problème réside dans le fait que, compte tenu de sa personnalité, de son casier judiciaire vierge et de son mauvais état de santé, le juge des libertés n’a pas accepté de lui accorder la liberté provisoire sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès. A-t-il des raisons que nous ignorons ? Comment motive-t-il son refus ? Il faudrait nous éclairer sur ce point.

Enfin, il me semble nécessaire de rester optimiste et d’envoyer des pensées positives à Claude. Personne ne peut se substituer à lui et ressentir sa souffrance. Mais il doit, et nous, ses amis, avec lui, se projeter sur l’après, quand ce cauchemar prendra fin et qu’il devra – et saura n’en doutons pas – retrouver sa place parmi nous et la société des hommes.

 Patrick Pognant
Paris, le 06/12/2013
www.pognant.net

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