Sur le lac de Constance

Venu là, en bidasselac de constance
Comme un zéphir en couac,
Je papillonne au lac,
Voltige comme un as.

En Bavière, au matin,
Puis-je dater ma stance
Sylphide au lac Constance
Dansant comme un lutin ?

L’arrivé est brutale
Dans caserne à soldats
Coup de frein. C’est là ?
« Oui », dit recrue en mal.

Cette épître est-elle bombe
Quand, presque combustible
D’un destin indicible,
Elle se prend pour colombe ?

De la stance au sonnet,
Il y a loin, holà !
Pour ne pas l’avoir là,
Dans le baba, au nez.

Claude Ozanne
(« Toute épître est combustible », Constance, mai 1966)