Histoire d’animaux

De l’aile d’une image à tête d’aigle au cheval qui remonte de la mine pour finir ses jours dans une prairie, cette comparaison nous est donnée par trois auteurs ayant pour cheville ouvrière un neuropsychiatre et éthologue Boris Cyrulnik. Avec Karine Lou Matignon et Frédéric Fougea, ces trois auteurs éthologues, publient « La fabuleuse Aventure des hommes et des Animaux » (Éditions du Chêne).
Ces auteurs étudient, depuis quelques années, le comportement des animaux pour mieux comprendre ce qu’un chacun comprend intuitivement. Qui n’a pas eu dans son enfance un chat ou un chien ou, à défaut, côtoyé un animal dit « de compagnie » quand il n’est pas pour les enfants souvent cruels, remisé comme souffre-douleurs chez les voisins ou à la campagne ?

Pour ceux qui sont nés après la deuxième guerre mondiale et savent qu’elle fut plus destructrice que la première, les pauvres chevaux mobilisés avec les hommes, en Pologne notamment, connurent une véritable hécatombe. Beaucoup moins en France grâce à la guerre éclair de l’offensive allemande de 1940, faisant près de deux millions de soldats prisonniers avec pour conséquence moins de chevaux mitraillés qu’en 1914 à 1918, pendant quatre ans et trois mois l’hécatombe continua. Ce qui fit les beaux-jours des boucheries chevalines.

Comment un homme et un animal, s’apprivoise jusqu’à s’influencer mutuellement ? Pour moi, une furète non élevée pour la chasse est un exemple, parce que dénaturée et achetée dans une animalerie.
Ces maux, supposés connus par chacun d’entre nous, sont néanmoins à rappeler. Tant pour les chevaux qui ont longtemps servis d’esclaves aux hommes qui les remerciaient en les mangeant.
Sans admettre qu’ils puissent avoir droit à une retraite toujours méritée. Une indispensable pâture où les chevaux peuvent mourir tranquillement avec ou sans caresses de leurs propriétaires. Désormais, en France, ces animaux ne sont plus considérés comme « meubles ». Ce qui n’est malheureusement pas le cas hors d’Europe, pour les chameaux ou ânes du Maroc, convoyeurs de charges lourdes sans un minimum d’alimentation. Ceci sans les vivisections réclamées par les laboratoires, pour des douleurs non nécessaires, mais infligées aux chats et aux chiens à notre époque du séquençage de l’ADN.
Parodiant Brillat Savarin, le destin d’une nation ne dépend-t-elle pas de la manière dont elle traite ses animaux de compagnie ou de business ?
Quant à la sacro-sainte excuse des pays pauvres dits du « Tiers-monde » (concept introduit par le démographe Alfred Sauvy en 1957), celle-ci n’est pas admissible pour nos amis les animaux de compagnie.

Pour les oiseaux, et autres massacres en règle pour les viandards chasseurs sur mirador attendant le retour des tourterelles venues d’Afrique centrale pour remonter l’estuaire de la Garonne, les ornithologues s’en chargent, alertant tous les ans une opinion qui s’amplifie contre ce type de massacre qui n’a strictement rien à voir avec la chasse au fusil ou au faucon.
L’image de l’envol d’un aigle royal ne peut que nous réconcilier avec ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. L’empathie devant être réelle et non simulée. Assurément !

Claude Ozanne

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Pourquoi, dès 1857, les premiers aviateurs montent leur avion, à gauche ?

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Le premier avion ressemblait à une sorte d’oiseau de bonne ou mauvais augure, animal avec ou sans yeux peints sur le fuselage doté d’un solide bec pour ses piqués. Un fuselage capable de fendre l’air, à défaut des cœurs, pour percer sa proie. Cet objet imperméable, vient-il à tomber du ciel ? Un marin LE BRIS l’analyse, sous toutes ses plumes. Comme le faisait jadis, un certain Léonard de Vinci. Dans ses carnets, le peintre ne dit-il pas que l’aéroplane doit nécessairement ressembler à l’oiseau ?
Le BRIS, marin breton, dissèque les croquis de Vinci, avec entre autres inventions, celle du parachute dont le métrage exact au carré, est relaté dans une de mes brèves de comptoir, pour démontrer que Vinci vient d’inventer le thermo dynamisme, dont le mot n’existe pas encore !
Quant à l’étude du fuselage, ses épures inspirent le premier avion de LE BRIS qui le nomme « Aile volante. » Et, commettant l’erreur de ne pas tenir compte de son devancier, nommé Lacroix, qui a déjà édicté les règles de base pour qu’un tel objet puisse planer, il précipite son aile volante du haut d’une falaise bretonne en 1857.
En effet, Lacroix a raison. Le plus lourd que l’air doit avoir une queue actionnée par un câble pour lui octroyer une direction. De même qu’il est préférable de donner à cette «aile votante » un moteur à vapeur afin de lui donner une traction. Mais à l’époque, le moteur à vapeur pèse trop lourd pour être monté sur une structure sensée être aussi légère qu’un os creux d’oiseau. La structure doit être en bois et l’aile volante être évidée, en deux éléments séparés collés l’un sur l’autre. Le tout constitue sa colonne vertébrale (entoilée pour sa protection), légèreté nécessaire pour cet attelage.
En 1857, le moteur à explosion n’existe pas encore et la traction nécessaire pour tirer l’avion ne peut être, par grand vent, qu’un puissant cerf-volant ou, pour tirer l’attelage, un cheval ou deux.

Or le cheval, comme l’avion, se monte à gauche.

Claude Ozanne

photo:  l’aile d’Adler élaborée 40 ans après celle de Le Bris