Silence mortel

Chacun sait que l’on peut
Mourir d’amour, vraiment,
De faim, c’est trop connu,
De maladie, sûrement,
De peine également,
Mais aussi de silence !

De tous nos maux terrestres,
Le plus à redouter
Pour nos sens et nos nerfs,
C’est le silence atroce
Nous emplissant de mort
Dans la nuit étouffante.

Il tue dans l’œuf l’élan,
Inhibe la passion
Et foudroie le désir
Tisonnant notre chair.
Il est une torture
Raffinée d’un espace.

Par son envoûtement,
L’épreuve du silence
Peut nous donner les ailes
Des pâles illusions,
Pour nous perdre en captifs
D’une nasse mortelle.

Claude Ozanne

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