Le flair efficace de Gérard de Villiers

gérard de villiers

texte publié au journal « HECTOR », atelier du Centre scolaire
de la Maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone

 

Fils d’un auteur de théâtre et d’une mère issue de la bourgeoisie d’apparence noble de l’Ile de la Réunion, combattant de la guerre d’Algérie en tant qu’officier, Gérard de Villiers écrit pour Minute, Rivarol, Paris-Presse, France-Dimanche.

Marié quatre fois, père de deux enfants, il se décrit comme résolument à droite, libéral, anticommuniste, anti-islamiste, anti-communautariste, antisocialiste, et déclarera même avoir été accusé à tort de racisme.

 

Auteur des célèbres romans d’espionnage, avec 200 titres débités depuis 1965 (un volume par trimestre), le créateur du Prince Malko est décédé le 31 octobre dernier à l’âge de 83 ans.

Cet ambitieux frais émoulu de Sciences Po admire Ian Fleming (qui, lui, n’a connu le succès que post mortem) et quand il quitte son vaste appartement de l’Avenue Foch où reposent les cendres de ses chats dans de petites urnes, c’est avec un déambulateur.

Pour tenir son timing de business, avec pubs dans le texte pour marques de champagne et de meubles (« J’ai des contrats publicitaires avec ces entreprises ; cela amuse le lecteur mais rapporte peu »), il requiert parfois l’aide de quelques « nègres ».

Si Aurélie Filippetti, Ministre de la culture, pourtant romancière à ses heures, a refusé le moindre hommage à cet as du renseignement, c’est sans nul doute pour les mêmes raisons qu’un de ses prédécesseurs avait refusé de classer la bicoque de Céline (décédé en 1961 à Meudon).

Gérard de Villiers, ce vulgarisateur de la géopolitique avait des lecteurs dans la sphère diplomatique. En particulier pour l’un d’entre eux, Hubert Védrine, l’une des éminences grises de François Mitterrand, ex-ministre des Affaires étrangères qui le lit dans l’avion pour vérifier ce que ses services lui soufflent pour tromper l’ennemi : « L’élite française prétend ne pas le lire mais ils le lisent tous ».

Gérard de Villiers anticipe ainsi l’explosion djihadiste au Sahel « plusieurs années avant l’intervention française au Mali ». En octobre 2012, son livre « Panique à Bamako » narre avec force descriptions les colonnes de 4X4 déboulant dans la capitale malienne.

Ce cri d’avertissement, perçu en haut lieu, ne peut qu’être repris par la presse.


L’intelligence de ce passeur d’informations au flair exceptionnel sur l’échiquier politique international a toujours intéressé différents services : DGSE, DST pour la France, et même la grande oreille américaine qui le loue à travers le « New York Times », saluant la qualité du contexte géopolitique de ses ouvrages.

 

Claude

 

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