Un sonnet pour COP 21

Après l’EI à Paris55001
Unissons-nous au deuil
Ne pas rester tout seul
Opposons-nous, unis.

 

 

Quels mots, images, films, pour dénoncer l’horreur,
Face à la démocratie perdue sans collier
Chien perdu sans maître, face à Daech meurtrier
D’un peuple abandonné, révolté, en douleur ?

Qui d’entre nous, regrette tous les dinosaures ?
Seul un cafard, face aux centrales nucléaires
Survivra allégrement à la prochaine ère
En France, dénonçons piège au G.I.E.C. menteur.

Montée à plus 4 degrés, non prouvée, sur terre
Sur laquelle la barbarie existe et s’enferre ;
Soyons méfiants des infos de COP 21

Un sonnet circonspect envers cette utopie
Prévaricatrice au NORD et SUD. – Tous pour un
Contre l’arnaque au carbone et sa dystopie *.

Claude Michel Ozanne
Extrait de « Sortie sèche »

 

* L’effet de serre est scientifiquement pipo
dans la prétendue montée des océans par réchauffement.
+0,8% degrés en 150 ans et non pas +4 du GIEC pour taxer le CO2

 

Moment retenu

Le dialogue illimité avec la beauté,incidances
Portes fermées à mes sollicitudes,
Me laissent sur ma faim

Chaque étape imprima sa conscience
En plusieurs époques différentes
Mais je rêve d’un univers familier
Où les moyens anciens s’uniraient aux nôtres

Expression d’une réalité qui se découvre
Pour y déceler la vérité intemporelle,
J’apprends à regarder les reflets de sa vision,
Et comme pour immobiliser mon état d’âme
Protection d’un empire vivant à son apogée,

Je m’enferme dans un moment secret

 

Claude Ozanne
Extrait du recueil « Incidences », publié par Pierre-Jean OSWALD (Honfleur 1970)

Sur le partage des richesses

New Dehli

Ce partage des richesses est inéquitable
Si un Madoff * engloutit soixante – cinq milliards,
Pour son cercle d’élus, enrichis d’horribles tares,
Quand les placements perdus ne sont pas équitables.

Sur un bidonville de New Delhi, l’homme voit
Toute l’immensité humaine de la misère.
Ce déchet d’une humanité, mise en lumière,
Est conséquence de l’homme qui doute et louvoie.

Publiée par OXFAM, en Janvier deux mille quinze,
La photo d’ONG du bidonville, pas mince,
Montre l’avidité des cours de bourse qui dansent

Ce partage est minable, et jonglerie en usage
Dans les tour-miroirs, grugeant les floués d’ignorance
Nés des égoïsmes bancaires au noir visage.

Évocation du Colysée avant qu’il ne saute

À Rome où se dressait l’imposante statue
Trente mètres, qu’un Daech n’aurait pas fait sauter,
Nez rond viré pour construire le Colysée,
Sauf ce monument de quatre siècles qui tue.

Le premier édifié en ellipse beauté
Pour cinquante mille spectateurs, pour l’enjeu
D’une grande politique du pain et jeux
Grandiose théâtre de la cruauté.

Gladiateurs estropiés avec … dix pour sang,
Achevé au combat par la mort ancestrale
D’un Galien* qui s’y octroie science médicale

Avec Spartacus ** Gloire de tout un Circus
Avant d’être tué au combat par Grassus
Et d’y conter sa bravoure en lettres de sang.

Claude Ozanne

* de Klaudios Galenos. Ses écrits en physiologie, ont exercé une influence jusqu’au XVII e siècle

** Ce dieu du stade (dont le substantif à plusieurs significations). Plus qu’une révolte, Spartacus dirigea une guerre contre l’homme le plus riche de Rome, patron politique et financier de Jules César, une guerre avec soixante-dix mille gladiateurs qui tint en haleine le Sénat de Rome pendant deux ans, au premier siècle avant J.C.  Rome dépêcha Grassus chargé de l’arrêté avec ses valeureux esclaves qui ne sont pas d’une armée de professionnels, atteignant leur limite par indiscipline. Dix Mille d’entre-eux, faits prisonniers finiront crucifiés sur une via connue, à titre d’exemple. Quant au corps de Spartacus, après sa mort probable avec ses hommes contre la dizaine de légions qu’il affronte, il ne fut jamais retrouvé. Spartacus disparaît (corps et biens) en Lucanie (71 av. J.C).

Sur le peintre Léonard Bordes *

Sur un carton honnête,Atelier
Quand il est à la fête
Léonard jette un être
Misérable en prophète.

Signe en bas du carton
Gouaché avec art,
Rangeant pince à bazar
Avec chevalet long.

Joie de le voir – Klaxon
De ma voiture au paxon
De dessins du marché.

Revenus, rue des Faulx,**
Sautera-t-il ? Fauché,
Est-il cap pour un saut ?

 

* né à Paris 1896 – Rouen 1969

** L’atelier de Rouen du peintre Claude Michel OZANNE
(Auteur d’un manuscrit inédit intitulé « Léonard le corbeau » comprenant une centaine de sonnets en hommage à ce peintre violoniste, neveu de Charles Bordes fondateur avec Vincent d’Indy de la Scola Cantorum de la rue Saint – Jacques, 75005 – Paris, et avec qui il dessinait et gouachait sur le motif avant sa mort, en février 1969)

Trois odes pour Rudie et Rime, mes deux petites nièces

Vues sur le bateau mouche à Parisurl

Première ode

Enfin vu mes deux petites nièces
Plaisir des yeux et joies d’enfants en liesse
Rouges aux joues, frimousses sans voix,

Quand sur le bateau mouche de la Seine
Se dissipait en moi toute me peine
De montrer un cygne de bois.

Deuxième ode

Corps naviguant dont la blancheur étale
Sa lumière de perle orientale
Sculptée dans un ciselé d’or

Sa magnificence suavité
Claquait son bec avec vivacité
Un bec souriant comme un mort.

Troisième ode

Allez odes, chanter Rudie et Rime
Et consacrez-vous, ma plume, à leur frime
De pâle et future beauté !

Malgré le temps fuyant, d’être emmenée
Chacune, à Cythère, île Oisifleur née
Du vol de l’immortalité.

Claude Ozanne

 

La boule araignée

Vibrée par une proie piégéearaignée fleur
Au parfum de fleur carnivore,
Carnassière araignée est d’or
Comme un silence bien nommé.

Ouvrant sa corolle de nuit,
Elle capte l’insecte noir
Qui déclenche, au choc sans espoir,
Ses très sensibles stimuli.

Pareille à celui du citron
Plus jaune que le potiron.
L’araignée, plus jaune que l’or,

Vibrée, elle arrive à son heure
Pour finaliser son labeur
Vibrant comme un fascinant leurre.

Un sonnet pour François Lespinasse

Evocation du fusainiste, Michel Frechonmichel frechon

Le cœur du fusainiste
Se gonfle à tire d’ailes
Comme un oiseau qui mêle
Au vol, son V d’artiste.

Un pur vol, mon ami,
Rationnel au connu,
Mystère …à l’inconnu
Ainsi s’écrit la vie.

Ce comment, s’analyse
Pour l’esprit attentif
Au vol du vif motif

Ton livre sur Léo.*
Gêne le bourgeois, ho !
Peintre qui scandalise !

Claude Ozanne

 

* Léonard le corbeau alias Léonard Bordes (Paris 1898- Rouen 1969) Relatant pour la première fois le peintre et violoniste,
(avec le mien aux Cent sonnets déposés à la SGDL)

Mes dix-sept ans

J’aboyais en privilégiéLoup courant
De pouvoir garder un seul rêve
Nourrir le jardin de ma sève,
Sans nulle culture à rogner.

J’évitais la morsure
Des louves et des rats
Se jouant des appâts ;
D’eux j’avais la dent dure.

Quand mes griffes d’enclume
Avaient l’allure fière
Du coq levant ses plumes,

J’embrassais des buissons ardents,
J’étais Elohim aux yeux blancs
Avec au cœur un feu de dieu.

Claude Ozanne

Du fond de mon poitrail

Du fond de mon poitrail220px-Torso_gaddi_01
J’écoute mon cyborg cœur
Qui actionne à mon corps
Note fictive en limaille.

Émergeant du silence
Que recouvre souvent
L’ambiguïté d’un son
Inconnu, quand ça danse.

Surgit-elle d’un ton
D’effigie pas très muette
En sa forme fluette,
Fulgurance d’un son ?

Quelle danse la mute,
Pipo épousant flûte,
Signe aux notes visibles ?

Qui s’arme en flûte active,
Que j’écoute invisible ?
Est-ce note fictive ?

Claude Ozanne