HYMNE A TA VOIE LACTEE

Pour Suzanne Ozanne

Tout hymne à la beauté
Demande un fils, au fond,
Vient-elle d’un profond
Univers sans clarté

A part les galaxies
Qui éclairent moins que trous
Noirs d’un univers fou
De spirale en toupie ?

Vivante éternité
D’une voie bien tractée
De passante beauté

Où es-tu immortelle
Âme qui vague au ciel,
Hymne à mère lactée ?

                                           

Claude Ozanne, Sotteville-lès-Rouen février 1988

La rose de Suzanne

Aux pleurs des étoiles des cieux,
Toute mort surgit, c’est certain,
Mère et moi, expirons enfin
La mort s’en vient, voleuse d’yeux.

Fleur, préférée de mère, est rose
Qui se reproduit pour Suzanne.
Terre musclée, au purin de l’âne,
Racine son âme morose

 

(cliquer sur la rose)

 

 

 

 

Enserrée sans épine. Épreuve
D’une rose d’Ozanne.  – Preuve
De vie chrétienne à son taquet

Du gibet mendiant des corbeaux.
Roses Saint Aignan,* en bouquet
Offert au ciel de son terreau.

 

*de Mont-Saint – Aignan, près de Rouen

Claude Ozanne
« Preuve par Cent quatrains  »

Textes déposés à la S.G.D.L. Paris

 

 

Ton œil Ann Saint-Cire est un diamant

Ton œil, Ann Saint -Cire, est un diamant
aussi grand que la rosace de la cathédrale de Béziers.

 

Ton œil est ce reflet d’âme, en cathédrale,
La fleur minérale enserrée dans sa pierre,
Rosace d’âme dans un écrin de lierre,
Qu’imagine l’Ange du pays Cathare.

L’Ange, invisible, encadre l’œil de ton être,
Rose de vitrail, visage, au regard haut,
Sur fond de soleil, lumineux soleillot,
Chapeauté de l’œil au diamètre à dix mètres,

Plus enlevé que rosace de Genet
Poète, auteur de « Notre Dame des fleurs »*
Au cœur duquel, la lumière, au jour, ne meurt.

Diamant jeté au feu, foudroyé par Dieu
Fait homme pour sculpter la rose d’un art pieu
Qui, ma chère Ann, a l’éclat du Trobar, hé !**

Claude Ozanne

 

*Roman écrit dans sa prison de Fresnes en 1942 pour s’extraire de sa cellule, en attendant son audience, assisté de ses amis écrivains, entre-autres, Paul Sartre et Simone de Beauvoir et le poète Jean Cocteau, venus assister à son jugement.

**L’âme d’un Troubadour qui a chanté, au XIIe siècle, dans plusieurs cours d’amour dont celle qui jouxte la Cathédrale de Béziers. Sur son mur une plaque de marbre évoque trois noms dont celui de Stève, l’un des plus prisés dans le siècle d’or des Trobar. (en occitan)

 

Épître à mon père

Emmené par son père, ex-chantre aux vêpres,
Pour sauver son fils, de tumeur maligne.

Pour mon père (1913 – 1988)

« Mon Dieu quelle guerre cruelle
Je trouve deux hommes en moi
L’un veut que plein d’amour pour toi
Mon cœur te soit toujours fidèle.
L’autre à tes volontés rebelles
Me révolte en ta loy. »

Racine

O rayon solitaire,
Rapproche – moi du ciel
Avec mon Sistael
Le révolutionnaire

Ange de flamme ; épître
Nostalgique ; tétraptère
Venant voir, à l’espère,
Fils malade au pupitre.

Flamme sur flamme, Ozanne
Qui, de sa lune austère,
T’appelle comme Père
Décédé comme un âne :

Cheminot olfactif
Premier Ange gardien
Qui me servait de chien

Renifleur, au nez vif.

Perdu dans mes mémoires*
A quatre ans, à Paris,
Perdu, lorsque ça rit
Du métro, aux nuits noires

Où je vois, sur un mur,
Défilé les mots : Du
BON, NET, DU, BONNET, DU…

Mots sous verre froid et dur.

Qui met, en mémoire,
Ta fragrance, en corps,
Sous uniforme, encore,
Et ta casquette noire

Pour aborder la vie
Du Père, lettre unique
De répondre à supplique
SISTAEL à l’envie.

De revoir son bambin
Qui lambine sur sa route
D’un destin en déroute.
« Petit, presse le pas », hein !

Chirurgien attend, Louis
Dit qu’il faut être à l’heure
Pour enlever ta tumeur,
A l’hôpital Saint Louis.

Claude Ozanne

 

*Au nombre de deux à Paris : les mots DUBO … DUBON .. DUBONNET… de la réclame défilant sur le mur noir du métro et d’une sucette à la menthe en forme de tour Eiffel. Cette pub ne m’a pas tapé dans l’œil, à cet âge, mais ces mots lancinant au parcours d’un métro, en 1951, Du bon, du bon…rimant comme « bonbon », assurément.

 

 

Sur la Seine où naguère ..

Quelques énervés naviguèrent,abbaye-de-jumieges
Jetés sur un radeau de liège,
Ces pauvres moines de Jumièges *
Pleuraient sur la Seine, naguère.

Ces énervés n’avaient plus de nerfs,
Bien arrachés par leurs bourreaux
Qui en voulaient à leur magot,
Tous ces gens alors sur les nerfs

Contre eux, faut-il médire ?
Un barbare, à maudire,
Attaquait quelques villes

C’était un grand viking
Se prenant pour un King
Qui pillait … sottes villes

Claude Ozanne

*Ces moines étaient de l’Abbaye de Jumièges située au bord de la Seine à l’ouest de Rouen. Ce fait authentique a fait l’objet d’un tableau exposé au Musée des Beaux-Arts de Rouen

Elixir aurifère

Pour Sophie Sammarro,cztery-postacie
Peintre et duchesse
de la restauration des tableaux

 

Brosse l’œuvre, sans honte
Aux tons aériens, ivres,
Quand ta peinture enivre
Ces flammèches qui montent

Au ciel, en ritournelles
D’éclatantes déesses …
Irradie-moi Duchesse
En deux D.(1)-Hirondelles

Qui voltigent en fil d’or,
Illumine en couleurs,
Un des sept Séraphins :
Ces chers anges gardiens
Dont l’un Stael est mien,
Un protecteur marin.

 

II

Comme Aragon, c’est vrai,
Artiste à peine né,
Je défends le sonnet
Au tire-mot de l’ivraie
Comme la bayadère

Qui tamise si vite
L’orpailleuse pépite,
Tu donnes grain à l’air

D’une riche musique
De ton pinceau unique
Qui goutte tout son musc
Au parfum aurifère
Qui poudroie, de son suc,
Une envoûtante sphère.

 

 

III

Tout élixir aurifère baroque
S’évoque, se conjugue sans manière
Pour après Geno,(2) un portait d’Ozanne
En Triptique  tenu par des lanières,
Se peint de main maniériste, sans choc,
Pour un bonheur qui est d’époque.

 

Claude Michel  Ozanne

 

(1)D2. : 2 Dimensions à l’instar de la sculpture en 3D.

(2) Geno Eugène Malkowski (1943- 20.08.2016 Varsovie)

Un sonnet pour Siné

Qui  voit ? Bientôt partile-caricaturiste-sine-pose-le-17-juillet-2008-a-vinnemerville-apres-avoir-realise-un-dessin-illustrant-son-licenciement-de-charlie-hebdo_5592959
Gouacher, jusqu’au bout
Ombres de Nuit debout,
L’œil du jour anéanti ?

Sa fine plume, dessine
Un sexe à Dionysos
Fantasmé jusqu’à l’os,
De pierre pour Œuvre insigne.

Siné : « Un cochon truffier
Rôde autour de moi. » Ç’est chier
De la part du camarade,

Belle Omerta sans dent
De penser la camarde
En crevant sexe bandant.

Claude Ozanne

 

 

 


 

Allez comme des cygnes sur l’eau de la vie

Un sonnet à mes deux chères niècesCygnes

Pour Rapha. Séraphin
Papa, veillant aux filles
Rudie et Rime, mes anges

Sur la planche, au jardin,
Papy pousse Rimette
Sur son escarpolette
Sous l’œil d’un Séraphin

Un halo, au vent, danse
Sur cent cheveux de lyre
Trouant mon cœur aux rires
Rimette se balance.

Et ma Rime, comme elle,
Dépourvue de ses ailes
D’ange aux yeux myrtille,

Boude son Séraphin
Veillant à ses fifilles.
Un baiser sur leur main.

Claude Ozanne

Stratégies de Gribouille

Comme dit le Président
« En attendant que courbe
Du chômage s’inverse »
Quand Petit bras, attend:

Attend quoi ? La « reprise »
Avec l’affirmation
Qu’ils sont deux dans l’action
Destructrice et en prise

Pour l’appel à voter
Deuxième tour. Votez
Pour prochain plongeon. Houille,

Houille ! Montons le Front
Stratégie de Gribouille
D’accord à deux ils sont.

Claude Ozanne

Avec le Protocole de Kyoto, l’avons-nous dans le dos ?

                     1

Nous sommes pot de terrecop ou flop
Du Proto de Kyoto
Face aux arnaqueurs, ho !
Du quart, pour un peu d’air !

Paris en meilleur score
Que Kyoto, au Japon
De dix ans, est-ce bon,
Quand France espère encore ?

Gageons tous que la Chine
Avec l’ U. S. s’échinent
Et l’Inde et le Brésil

Abaisse la pollue
Nous laissant sur le grill
Geuse, quand tu nous tue !

2

Je suis ce pot de terre
D’arythmique cyborg
Tenant toujours son blog
Contre vent de la guerre.

Sensible à la pollue
D’une ville enrhumée
Par la grande allumée
Monstrueuse qui tue.

Pollution, l’un de nos maux,
Est mortelle, c’est le mot,
Tueuse d’êtres humains.

Je ne dis pas Merci à Chine,
A l’ U. S. non – unis
Sauf à Kyoto. Demain ?

Claude Ozanne